Accueil Visiter Préparer sa visiteLes parcoursInformations pratiques Vivez L'expérience immersiveChoisir mon parcoursQuestions fréquentes Apprenez Les peintresLes œuvresLes thématiques English
← Toutes les thématiques

Thématique de l'étape 5

Les peintres japonais - l'Occident au miroir de l'Orient

En février 1928, Yuzō Saeki, Takanori Oguiss et Yamaguchi Takeo viennent peindre dans la vallée du Grand Morin. Leur séjour rappelle que des dizaines de peintres japonais ont cherché dans les campagnes d’Île-de-France les motifs de leurs prédécesseurs occidentaux, et que la colonie briarde avait une dimension internationale.

Yuzō Saeki, La cour des miracles

En février 1928, trois peintres japonais quittent Paris pour la vallée du Grand Morin : Yuzō Saeki, Takanori Oguiss et Yamaguchi Takeo. Ce voyage, entrepris dans le froid hivernal qui aggrave la tuberculose de Saeki, constitue l’un des derniers épisodes d’une présence japonaise méconnue dans la région. Car si le japonisme, cette fascination des artistes européens pour l’art nippon, a profondément marqué l’impressionnisme et le post-impressionnisme, la réciproque existe aussi : des dizaines de peintres japonais ont traversé la France au début du XXe siècle, cherchant dans les campagnes de l’Île-de-France les motifs qui avaient inspiré leurs prédécesseurs occidentaux.

Yuzō Saeki (1898-1928) est le plus important de ces artistes. Né à Osaka, fils d’un prêtre bouddhiste, il étudie à l’École des beaux-arts de Tokyo sous la direction de Takeji Fujishima avant de rejoindre Paris en 1924 où il fréquente l’Académie de la Grande Chaumière. Par l’intermédiaire du peintre Katsuzo Satomi, il rencontre Maurice de Vlaminck qui l’influence durablement. Il développe une facture expressionniste violente, aux antipodes des estampes ukiyo-e de sa culture natale. À Villiers-sur-Morin, en vingt jours fiévreux, il peint une trentaine d’œuvres : l’église du village, la mairie-école, des paysages ruraux qu’il traite avec cette brutalité empâtée qui caractérise ses dernières toiles. Il meurt à Paris en août 1928, à trente ans ; sa fille Yachiko le suit deux semaines plus tard.

Takanori Oguiss (1901-1986), qui accompagnait Saeki à Villiers, connaîtra un destin différent. Arrivé à Paris en 1927, il s’y installe définitivement et devient célèbre pour ses vues des quartiers pittoresques de la capitale (Montmartre, le Marais, les quais de Seine) qu’il traite dans une veine post-impressionniste plus apaisée. Yamaguchi Takeo (1902-1983), le troisième du groupe, retourne au Japon en 1931 où il devient un pionnier de l’art abstrait. D’autres artistes japonais ont fréquenté la vallée : Henry Sugimoto a peint à Voulangis en 1932.

Cette présence japonaise témoigne de la dimension internationale de la colonie artistique briarde. Contrairement à Barbizon ou Giverny, devenues des destinations de pèlerinage pour peintres du monde entier, Villiers-sur-Morin ne fut jamais un « haut lieu » officialisé. Mais précisément parce qu’elle restait un territoire discret, préservé de la notoriété touristique, la vallée du Grand Morin attirait des artistes en quête d’authenticité, y compris ces peintres japonais qui, formés à l’avant-garde parisienne, cherchaient dans la campagne française une lumière, une atmosphère, une manière d’habiter le paysage.

Résumé

En février 1928, Yuzō Saeki, Takanori Oguiss et Yamaguchi Takeo viennent peindre dans la vallée du Grand Morin. Leur séjour rappelle que des dizaines de peintres japonais ont cherché dans les campagnes d’Île-de-France les motifs de leurs prédécesseurs occidentaux, et que la colonie briarde avait une dimension internationale.

Les œuvres de cette étape

Voir l’étape sur le parcours →