Thématique de l'étape 3
Lorsqu’Amédée Servin s’installe à Villiers-sur-Morin vers 1860, il apporte une conviction : la peinture se fait face au motif, dans la lumière changeante du jour. La vallée du Grand Morin offre une chance singulière, celle de peindre chez soi, dans un paysage habité et familier.
François Gauzi, Séance de peinture en plein air
Lorsque Amédée Servin s’installe à Villiers-sur-Morin au début des années 1860, il emporte avec lui une conviction : la peinture doit se faire face au motif, dans la lumière changeante du jour. Cette pratique, que l’on désigne par le terme de plein air, n’est pas nouvelle ; Corot l’avait expérimentée dès les années 1820, les peintres de Barbizon en avaient fait leur méthode.
Mais la vallée du Grand Morin offre une spécificité : la possibilité de peindre chez soi, dans un territoire habité, parcouru, familier. Le motif n’est plus un lieu où l’on se rend, mais un lieu que l’on habite.
L’invention du tube de peinture souple par John G. Rand en 1841 avait rendu possible le transport des couleurs. Mais la technique ne suffit pas : il fallait aussi que les artistes veuillent sortir, qu’ils trouvent dans le paysage réel cette contingence, l’accident du nuage qui passe, la lumière qui décline, que le paysage composé en atelier ne pouvait leur donner.
Lorsqu’Amédée Servin s’installe à Villiers-sur-Morin vers 1860, il apporte une conviction : la peinture se fait face au motif, dans la lumière changeante du jour. La vallée du Grand Morin offre une chance singulière, celle de peindre chez soi, dans un paysage habité et familier.