Né à Paris le 14 novembre 1829, Amédée Servin reçoit sa formation dans les ateliers de Michel-Martin Drolling puis de François-Édouard Picot, deux maîtres de la tradition académique française qui lui transmettent, avec la rigueur du dessin, cette conviction que la peinture n’est pas un exercice de style mais une discipline de la vérité. Au Salon, où il expose dès 1857, il obtient une première médaille en 1861, puis la médaille d’or en 1867 : consécration qui lui vaut d’être acquis par l’État et d’entrer dans les collections publiques.
Mais c’est la même année 1857 qui compte davantage pour l’histoire du territoire : Servin découvre Villiers-sur-Morin, bourg briard que rien ne distingue encore des cent autres villages de la plaine, si ce n’est cette lumière particulière que le Grand Morin dépose sur les choses, lumière cendrée, diffuse, sans éclat violent, qui impose au regard une lenteur et une attention que la peinture de plein air cherchait précisément à capter. Il y revient, y installe son atelier, y réunit peu à peu autour de lui un cercle de peintres, de graveurs, d’amis, fondant sans le savoir l’une des premières colonies artistiques de la région parisienne.
Servin meurt à Villiers-sur-Morin le 28 janvier 1884. Ses amis et admirateurs lui élèvent par souscription un monument orné d’un médaillon de Falguière, inauguré le 2 octobre 1887, geste d’un territoire envers celui qui l’avait choisi, et qui dit, mieux que toute notice, la nature du lien qui peut unir un peintre à un lieu : non la fascination du pittoresque, mais la lente familiarité de celui qui revient, année après année, poser son regard sur le même paysage jusqu’à ce que ce paysage devienne une manière de voir le monde.
Les notices s’appuient sur un croisement de sources institutionnelles, documentaires et locales : répertoire des artistes du musée d’Orsay ; Centre national des arts plastiques (CNAP) ; National Museum of Modern Art, Tokyo (MOMAT) ; Bénézit, Dictionnaire critique et documentaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs (Gründ) ; bases du marché de l’art (Artprice, Drouot) ; catalogues des Salons des Artistes français et du Salon d’automne ; fonds Satet-Menon relatif aux peintres de la Vallée du Grand Morin ; sources locales relatives à la Vallée des peintres (commune de Villiers-sur Morin, Coulommiers Pays de Brie Tourisme) ; Museum of Modern Art, New York (Madame Lili Grenier, portrait par Toulouse-Lautrec, 1888) ; Nakanoshima Museum, Osaka (œuvre de Yuzō Saeki).